LH88 - La LH qui n'a pas le temps

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Bain de minuit dans une cuve à Pisse

[Bain de minuit dans une cuve à Pisse]

Disclaimer : cet article est une caricature et ne saurait décrire une réalité réelle. Nous rappelons également que toute discrimination est condanable pénalement, y compris les discrimination envers le genre, et cela concerne également les personnes dont l'identité de genre est "Cuve à pisse".

L’Histoire que je vais vous compter aujourd’hui, avec un grand H, est une Histoire cent pour cent réelle. Elle s’est déroulée en 1980, dans une petite bourgade au doux nom de Bourges.

C’est l’Histoire d’un enfant presque comme les autres, appelé par le destin et transformé par une expérience extraordinaire et donc peu commune. 

Tout commence, comme je le disais donc, en septembre 1980 à Bourges. Le petit Laurent, fils d’un archisexe et d’une insultatrice, est passionné par la sécurité, le contre-terrorisme et l’art théatral. C’est d’ailleurs cette passion de l’art théâtral qui aura, plus tard dans sa vie, un impact immense; passion commune avec un président.

Laurent Nanus est plutôt bon élève, mais un peu à l’écart des autres. À l’époque déjà il nourrit des ambitions très grandes. 

À l’école, il a peu d’amis, mais il fait ce qu’il peut, et les instituteurs l’aident du mieux qu’ils peuvent malgré ses difficultés sociales, parmi lesquelles une inversion chronique des valeurs. 

En ce vendredi 23 mai 1980, le temps est bon, le ciel est bleu, et Laurent s’apprête à aller à sa première soirée, invité par deux amis qui sont amoureux. 

Il est 16h, et Laurent se prépare à cette nuit de folie qui l’attend. Il ne sait pas vraiment à quoi s’attendre, lui qui est plutôt un habitué des bibliothèques, du théâtre qui lui est cher. Ce qui est certain, pour lui, c’est que les relations sociales sont comme une pièce de Molière : il s’imagine souvent en Tartuffe, son personnage préféré de son œuvre préférée. La réalité est toute autre, et derrière son dos ses amis l’appellent Orgon. 

Aux alentours de six heures du soir, le temps était venu de s’abandonner aux délices de la nuit. Son père lui avait proposé de l'emmener en voiture chez ses amis, et ils se mirent donc en route dans la 305 beige familiale. L’endroit où ils vont, c’est la rue de l’Hôtel Lallemant, cœur emblématique de la bourgeoisie berruyère. La rue étant étroite et peu praticable en voiture, Laurent descend au croisement de la rue Mirebeau et de la rue Bourbonnoux, au niveau de la place Gordaine. Il marche jusqu’à chez ses amis. Arrivé en bas, la porte de la vieille demeure est ouverte, et il entend de la musique venant de l’intérieur. Il franchit le pas de la porte, et descend dans les souterrains, comme indiqué par ses amis. 

La vieille bâtisse, datant du XVIème siècle, sent le salpêtre, mais ce n’est pas tout. Une autre odeur âcre lui pique les narines, une odeur familière mais qu’il ne sait pas situer.

En arrivant en bas, il se retrouve dans une cave, au milieu de laquelle se trouve une vaste cuve, dans laquelle un homme pourrait sans entrer entièrement sans souci. 

Il voit ses amis, et pleins de gens qu’il ne connaît pas personnellement. Des gens de son école, mais aussi des visages inconnus. Au fond de la cave au plafond arqué se situe une longue table. Un de ses amis vient le voir et lui dit qu’ils jouent à un jeu. L’objectif, dit-il, est de se mettre sous la table et de deviner les actions effectuées par les gens sur la table. La table ayant une nappe, il est donc difficile de tricher. Son ami lui dit également qu’il n’a que trois tentatives pour deviner, sinon quoi il devra subir un gage. Son ami tend le doigt vers la cuve au milieu de la pièce, et lui dit “tiens, regarde, c’est Alceste, il a perdu tout à l’heure, et on l’a mis dans la cuve. Il doit y rester toute la nuit, jusqu’à ce que ses parents viennent le chercher. Bon, ne t'inquiète pas, il va bien ! Et puis, il est vraiment nul, mais toi, toi t’es fort !”

Laurent est un peu effrayé par l’idée de perdre, mais après tout, c’est sa première expérience nocturne, et il se dit que pour socialiser, c’est maintenant ou jamais. Il accepte donc de jouer le jeu. Avant d’aller sous la table, il est initié au jeu comme il se doit : il gagne le droit de faire des actions sur la table, une fille de son âge qu’il n’a qu’entre aperçue qu’une seule fois étant quant à elle sous la table. Il décide de jouer le rôle d’un chevalier : après tout, la cave et l’ambiance médiévale lui donnent une belle inspiration. Il fait donc des sommations, dit des phrases comme “Halte-là, ne passez pas. Montrez-moi votre laissez- passer.” La jeune fille n’en démord pas, et essaie de deviner. Elle hésite, et dit “Je sais, tu imites un gardien !”. Laurent affirme que non, et la fille continue donc de chercher. Il se met à taper sur la table, et dit “Taisez-vous, vil gredin, si vous ne voulez pas finir en geôle.”

“Ah, mais je suis bête, t’imites un CRS en fait !”. “Non”, dit Laurent. Il continue, et dit “J’irais reprendre Jérusalem pour notre seigneur le Christ”. “Ahhh, mais tu es un chevalier en fait !”.

Laurent est content : elle a réussi à deviner et n’aura donc pas de gage.

C’est maintenant à son tour d’aller sous la table. En allant sous la table, il voit une sorte de sourire narquois sur la tête de ses camarades. Une fois installé, on lui demande s’il est prêt. Il répond, timidement, que oui, il est prêt. Il essaie tant bien que mal de se rassurer en se disant qu’après tout, c’est un peu amusant, et que ça devrait être facile.

Le jeu commence. Tout d’abord, son ami, qui est sur la table, semble verser un liquide sur celle-ci, à en croire les infiltrations qui parviennent jusqu’à lui. C’est de la bière. Mais il n’a aucune idée de ce que cela peut signifier. Il tente, hésitant, “C’est de la bière, tu es donc un brasseur ?”. Il entend un ricanement, suivi d’un “Oui, c’est de la bière, mais je ne suis pas un brasseur”. La personne sur la table continue ensuite, et c’est un bruit d’eau; comme celui de la pluie, ou celui d’une rivière. “Je sais, dit-il, la pluie, l’eau ! Tu imites l’eau”. “Non”, dit son ami, “Mais tu te rapproches !”. Son ami imite maintenant un bruit de machine, un peu comme un tracteur. Laurent est perdu. “Un agriculteur irrigant ses cultures?” dit-il, désespérément.

“Perdu” dit son ami. “Une cuve, Laurent, une cuve ! Il y en avait une au milieu de la pièce, tu aurais pu le deviner !”. “Tu sais quoi, on va te montrer, on va t’expliquer. Venez, tous, on va lui faire comprendre ce qu’est une cuve. Laurent, on va t’expliquer… Mieux, on va te montrer ! Tu vas être une cuve, pour le reste de la soirée.”

Laurent, un peu en panique, ne comprend pas où ils veulent en venir, sors de sous la table, et dit “Mais comment-ça, vous allez me faire boire de la bière ? C’est quoi l’idée ?”.

“Non, Laurent” dit son ami. “Tu seras la cuve. Pour faire propre, va dans la cuve et dit à la personne qui y est déjà qu’elle peut en sortir.” Laurent s'exécute.

Une fois dans la cuve, celle-ci est fermée derrière lui : il est bloqué. Puis son ami dit “Tu sais, Laurent. On a plus de bière, plus rien pour la remplir. Enfin… Plus rien… Tu sais, on a pas de toilettes. Tu peux donc devenir notre grosse cuve à pisse officielle !”.

Laurent, quelques années plus tard, se souvient toujours de cette Histoire qui a façonné sa vie, tant personnelle que professionnelle. D’ailleurs, plusieurs fois dans sa carrière, il confondit des choses avec son passé. Par exemple, alors qu’il travaille dans les Bouches-du-Rhône, il décide de demander à ses Chevaliers d’utiliser un canon à eau lors d’une grève à Fos-sur-Mer, confondant celle-ci avec le mot fosse septique. À la tête d’une institution nationale opérant dans le domaine du renseignement, celui-ci décide aussi d’une ouverture, pensant à l’ouverture des vannes. On lui demandait en fait une ouverture politique. Enfin, en 2026, après avoir été outé comme étant  “grosse cuve à pisse” sur l’antenne de Radio Nova, il décide de déposer plainte. Sa plainte est classée sans suite sur la forme, et non sur le fond, car une cuve, c’est profond, et on en voit rarement le fond.