LH62 - La LH de l'Albatros

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Les Télévoyages d’Amélie - la culture Afrikaans (2)

Les Télévoyages d'Amélie : la culture Afrikaans (2)

Article écrit par Amélie Tochon

Si vous n'avez pas encore lu l'épisode 1, je vous invite à le lire (vous pouvez le lire ici) car vous en aurez besoin pour comprendre cet épisode qui en est la suite directe.

En 1882, dans la capitale de l'État libre d'Orange, Bloemfontein, naît un certain John Ronald Reuel Tolkien. Il ne passera que 3 ans dans la république boer avant que sa mère ne parte vivre en Angleterre avec lui et son jeune frère.

J.R.R. Tolkien

état libre d'orange

En 1887, dans la région de Witwatersrand (c'est un mot Afrikaans signifiant « la cordillère de l'eau blanche ») sont découverts de très importants gisements d'or, parfois dénotés comme parmi les plus importants au monde.

Position de Witwatersrand en Afrique du Sud

Chutes d'eau à Witwatersrand

Avec la découverte de ce gisement, la ville de Johannesburg est construite à côté de Pretoria.

Carte des villes d'Afrique du Sud

Cette nouvelle ne réjouit pas tout le monde, on attribue à Paul Kruger cette phrase prémonitoire : « Au lieu de vous réjouir, vous feriez mieux de pleurer, car cet or imbibera notre pays de sang. ».

Paul Kruger

La découverte de ces mines attire rapidement les colons anglophones venus de la colonie du Cap souhaitant faire fortune dans le territoire.

Colonie du Cap

Avec l'arrivée de ces colons, Johannesburg rapidement devient une véritable ville. On donne même un nom pour désigner ces nouveaux venus : les Uitlanders (ce qui signifie étranger en néérlandais et en afrikaans). Les Boers sont agacés par ces nouveaux qui deviennent la majorité des populations blanches dans les gisements. Ils leur refusent donc le droit de vote et leur imposent de lourdes taxes sur l'industrie de l'or. En réponse, les Uitlanders cherchent à obtenir le soutien des Britanniques pour renverser le gouvernement boer.

Le premier ministre de la colonie du Cap, Cecil Rhodes (une importante figure du colonialisme britannique en Afrique, tant qu'il donnera son nom aux colonies de Rhodésie du Nord, l'actuelle Zambie, et de Rhodésie du Sud, l'actuel Zimbabwe), appuie une tentative de coup d'État de Leander Starr Jameson qui commence fin décembre 1895.

Cecil Rhodes

Colonie de Rhodésie du Sud

Colonie de Rhodésie du Nord

Leander Starr Jameson

Le plan de Rhodes est d'utiliser des conflits entre les Uitlanders et les Afrikaans afin d'entrer dans les républiques boers et d'empêcher une guerre civile, tout en en profitant pour prendre le contrôle desdites républiques. Cela intéresse d'autant plus Rhodes qu'il supervise la création d'un chemin de fer entre le Cap et le Caire (la capitale de l'Égypte qui était à l'époque une colonie britannique) et qu'un tel projet l'obligerait à passer par le territoire boer.

Carte des colonies britanniques sur le continent africain à cette période

Cecil Rhodes sur son projet de chemin de fer

D'autres gouverneurs britanniques sont également en faveur de l'annexion des républiques boers, parmi lesquels le ministre des Colonies et de nombreux dirigeants d'associations de prospections. Kruger apprend rapidement le complot mis en place par Rhodes et organise des kommandos en vue de potentiels affrontements avec les Anglais. Découvrant la mobilisation des kommandos afrikaans, Rhodes décide d'annuler l'attaque mais Jameson continue quand même. Jameson est vaincu le 2 janvier 1896 à la bataille de Doornkop.

Kommandos Boers

En décembre 1898, une bagarre a lieu et durant celle-ci un policier du Transvaal assassine un Uitlander, Tom Edgar. De nombreuses pétitions sont alors signées demandant l'intervention militaire de la Grande-Bretagne dans les républiques. Marthinus Steyn, président de l'État libre d'Orange, réunit alors Kruger, président du Transvaal, et Alfred Milner, le gouverneur de la colonie du Cap à une conférence dans la ville de Bloemfontein. Une conférence qui débute le 30 mai 1899.

Marthinus Steyn

Les négociations sont rapidement interrompues, Kruger déclarant aux Britanniques : « C'est notre pays que vous voulez. ».

En septembre 1899, le secrétaire des Colonies, Joseph Chamberlain, envoie un ultimatum aux républiques boers dans lequel il exige la complète égalité de droits pour les citoyens britanniques résidant au Transvaal. Cela n'est pas possible pour les Boers, le nombre d'Uitlanders étant si important que pour les Boers cela allait faire disparaître leur nation. Les Boers ayant donc peur de disparaître parmi les Britanniques.

Joseph Chamberlain

Le 9 octobre, Kruger donne 48 heures aux Britanniques pour quitter les frontières du Transvaal, sans quoi il promet la guerre entre les Britanniques et le Transvaal (aidé de son allié l'État libre d'Orange).

Le 11 octobre 1899, la guerre est déclarée. Les Boers envahissent la colonie du Cap et la colonie du Natal d'octobre 1899 à janvier 1900.

Colonie du Natal en Rouge, République du Transvaal en vert, Colonie du Cap en bleu et Etat libre d'orange en orange

Contingent Canadien à Québec partant pour la seconde guerre des Boers

Le premier affrontement se déroule le 12 octobre 1899 à Kraaipan (au nord-est de la colonie du Cap à la frontière avec le Transvaal) lors de la bataille du même nom. Pour être précise, sous les ordres de Koos de la Rey, ils attaquèrent un train à l'arrêt de Kraaipan contenant une garnison britannique. Le train est déraillé et ses occupants se rendent après 24 heures de conflits. Ce train contient des canons et des munitions qui sont récupérés après la bataille pendant que les soldats anglais sont envoyés en prison.

Koos de la Rey

Statue de Koos de la Rey

Le train déraillé en question

Cette bataille rend De la Rey célèbre parmi les Boers.

Le 20 octobre 1899 a lieu la première bataille entre les Boers et les troupes garnison de la colonie du Natal : la bataille de Talana Hill.

Les troupes boers avaient occupé des collines près de Dundee, une ville de la colonie du Natal sur la frontière avec les républiques boers. C'est la première bataille où les Britanniques utilisent une tenue kaki au lieu de leur traditionnelle tenue rouge vif qui, lors de la bataille de Majuba, en avait fait des cibles faciles.

Uniforme britannique Kaki

Uniforme britannique lors de la première guerre des Boers

Carte avec les villes de l'actuelle province du Natal en Afrique du Sud, Dundee est au milieu de la moitié haute

Les Britanniques, après un début de combat sans résultat des deux côtés, lancent une attaque frontale provoquant la mort de nombreux Anglais, mais qui fait fuir les Boers. Les Boers peuvent fuir et réussissent à prendre dans le camp britannique le code permettant de déchiffrer leurs messages secrets.

Boers lors de cette bataille

Le combat entre les Boers et les Britanniques est difficile, les Britanniques pensent pouvoir mettre fin rapidement à ce conflit, cependant ils sont surpris par les techniques de combat des Boers, qui sont d'excellents cavaliers, connaissent parfaitement le terrain et font preuve d'ingéniosité et d'innovation. De plus les Boers bénéficient du soutien de la jeune Allemagne de Guillaume II qui leur fournit des armes (rappelons que l'on n'est pas loin de la Première Guerre mondiale et que les grandes puissances sont en rivalité, ceci est particulièrement vrai pour un pays aussi récent que l'Allemagne).

Guillaume II

Les Boers vont également assiéger de nombreuses villes comme Dundee par exemple, provoquant de nombreuses pertes humaines, que cela soit dans camp des défenseurs ou parmi des victimes civiles. On en vient à manger des chevaux dans certains cas.

Le 15 novembre 1899, le jeune Winston Churchill est capturé par les Boers lors d'une attaque de train.

Winston Churchill pendant la guerre des Boers

Le train déraillé dans lequel a été capturé Winston Churchill

Churchill plus agé

Le 11 décembre 1899 a lieu la bataille de Magersfontein qui opposera les Boers dirigés par Koos de la Rey aux Britanniques du côté de la frontière entre la colonie du Cap et l'État libre d'Orange.

le lieu de la bataille indiquant la frontière

De la Rey élabore durant cette bataille un plan : il fait creuser des tranchées devant une colline et non pas dessus, tout cela pour tromper les Britanniques et donner aux Boers de meilleurs angles de tir. Cela offre un avantage considérable aux Boers et leur permet de gagner la bataille avec une centaine de morts contre mille hommes perdus côté britannique. Cette bataille et d'autres défaites durant la semaine lui donnent le nom de semaine noire.

Les restes des tranchées de la bataille de Magersfontein actuellement

Après une nouvelle défaite le 23 au 24 janvier 1900 lors de la bataille de Spio Kop (Slag van Spioenkop en afrikaans, ce qui signifie la bataille de la colline de l'espion). Les Britanniques cherchaient à reprendre la ville de Ladysmith.

Boers lors de la bataille de Spio Kop

On retrouve pour l'anecdote Winston Churchill du côté britannique et Gandhi comme Brancardier.

Photo de Gandhi et de ses collègues durant la guerre des Boers (il est au 2ème rang, 3ème en partant de la droite)

Gandhi plus agé

C'est à partir du 4 février 1900 avec l'arrivée de renforts que la situation changea drastiquement et que les Britanniques prirent l'ascendant sur les Boers. Ces renforts étaient pour beaucoup des volontaires venus après avoir entendu les nouvelles de la guerre et se sentant concernés par celle-ci.

Le 28 février 1900, Ladysmith est reprise par les troupes britanniques.

Ruine dans une ville reconquise, dans laquelle on peut lire de la main des Boers "Don't forget Majuba Boys" et de celle des Anglais "No fear, Boojers, no fear" (Boojers étant un terme affectif pour désigner les petits boers)

Le 15 février 1900, les Britanniques reprennent la ville de Kimberley. Cet événement provoque de nombreuses émeutes au Royaume-Uni.

Les Britanniques entrant dans Kimberley

Ils parviennent à vaincre les Boers le 27 février 1900 lors des 19 ans de la bataille de Majuba. Un important général des troupes boers, Piet Cronje, vétéran de la première guerre des Boers, est capturé avec 4000 soldats boers. Cette bataille est considérée comme la plus grande victoire des Britanniques de la guerre.

Piet Cronje se rendant devant les Britanniques

Le 13 mars 1900, les Britanniques prennent Bloemfontein, la capitale de l'État libre d'Orange. Le 5 juin, Prétoria est conquise par les troupes britanniques.

Le 17 mai, ils brisent le siège de Mafeking (une ville du Transvaal).

Boers dans les tranchées lors du siège

La majorité de l'armée orangiste se rend aux Britanniques fin juillet. Les Britanniques pensaient que la prise des capitales permettrait de finir la guerre, mais dès le 17 mars dans la ville de Kroonstad, un général, Christiaan de Wet, propose une stratégie de guérilla : offrir aux Boers un congé jusqu'au 25 mars, abandonner les chariots pour que les Boers soient plus mobiles, abandonner les grandes batailles pour des raids. Les généraux acceptent mais certains sont étonnés de la proposition de congé. Un général dit même : « Vous m'expliquez que vous allez donner un coup de main aux Anglais en envoyant vos hommes en vacances ? ». De wet répond : « Je ne peux attraper un lièvre, général, avec des chiens fatigués ».

Christiaan de Wet

Début août, Christiaan de Wet réussit à rejoindre le Transvaal avec 2000 soldats et 400 chariots, échappant aux Britanniques qui les poursuivaient.

Les nouvelles pratiques de guerre Afrikaans rendent les stratégies habituelles des Britanniques inefficaces. Les Boers attaquaient les chemins de fer.

C'est le 31 mars 1900 qu'a lieu la première attaque respectant cette idée à Bloemfontein : la bataille du poste de Sanna. C'est une victoire boer, et cette victoire permet aux Boers de récupérer du matériel et d'avoir un temps le contrôle de l'eau de l'ancienne capitale de l'État libre d'Orange.

Pour lutter contre cela, les Britanniques mettent des barbelés autour des voies de chemins de fer et construisent des postes de surveillance dans les villes pour voir les attaques des Boers, et les Britanniques tiraient des fils barbelés entre les postes proches.

Un poste fortifié destiné à repérer les Boers

Poste fortifié avec les barbelés

Les Britanniques envoyaient également des troupes dans les territoires contrôlés par les Boers pour les traquer.

À partir de mars 1901, une nouvelle stratégie est envisagée par les Britanniques, celle de la terre brûlée. Les Britanniques retirent tout ce dont les Boers pouvaient avoir besoin, brûlaient les fermes, les récoltes et mettent les gens des fermes dans des camps appelés camps de concentration.

Ferme Boer brûlant

Ces camps dits de concentration ont abrité 120 000 personnes, majoritairement des enfants, des personnes âgées et des femmes. Les conditions de vie dans ces camps étaient déplorables et insalubres. Les rations alimentaires étaient également très réduites, elles étaient encore plus réduites pour ceux dont le père ou le mari était un Boer impliqué dans la guérilla. Il n'y avait pas d'eau potable, elle était amenée par des gens jusqu'au camp. Il n'y avait donc pas de quoi se laver et donc ces camps étaient des nids à maladies, comme par exemple le typhus et la rougeole. De plus, dans les camps, on ne pouvait accéder facilement aux soins médicaux, le matériel médical manquait. 27 927 personnes trouveront ainsi la mort dans des conditions difficiles, dont 22 074 enfants de moins de 16 ans.

Ces conditions extrêmes furent décrites principalement par Emily Hobhouse.

Emily Hobhouse

Emily fut particulièrement scandalisée par le sort de Lizzie van Zyl, une petite fille Boer qui mourut à l'âge de 7 ans de la fièvre typhoïdale, affamée. On avait refusé de lui donner plus de nourriture car son père combattait dans la guérilla boer. De plus, comme elle ne savait parler qu'Afrikaans, aucun des médecins du camp qui était uniquement anglophone ne la comprenait.

Particulièrement scandalisées par cela, elle réclament que les Boers aient du savon. On lui refuse en lui disant que le savon est un produit de luxe. Elle réclame également plus de rations d'eau et des produits de première nécessité pour les Boers.

En mai 1901, alors qu'elle rentre dans la ville du Cap, elle est émue par une mère Boer tenant dans ses bras son enfant mort, attendant un train qui allait la ramener vers un camp.

De retour au Royaume-Uni, elle use de ses relations pour améliorer les conditions de vie des Boers. Elle essaye de mobiliser l'opinion publique pour que ces conditions de vie horrible cessent. Elle dresse une liste de recommandations : libérations de toutes les femmes et enfants en mesure de subvenir par eux-mêmes à leurs besoins ou ayant de la famille ou des amis dans la colonie du Cap, arrêt de toute discrimination entre les familles internées, y compris à l'encontre de celles dont le père ou le mari continue à se battre contre les troupes impériales, nomination de directrices bilingues (afrikaans/anglais) dans chaque camp, aucune nouvelle arrivée dans les camps surpeuplés, surveillance des camps à travers la mise en place d'un comité dont au moins six membres appartienent à des organisations philanthropiques.

Le 18 juin 1901, Emily Hobhouse publie un rapport de 15 pages destiné au South African Women and Children Fund (SAWCF) intitulé Report of a Visit to the Camps of Women and Children in the Cape Orange River Colonies, où elle fait part de ce qu'elle a observé dans les camps et ses propositions pour en améliorer la situation humanitaire. Le rapport comprend également une annexe où figurent ses comptes rendus d'interviews avec des internés. Elle donne également des conférences pour alerter sur la réalité de ces camps.

Ces propos firent qu'elle fut accusée de trahir l'effort national de guerre. Cependant, ces propos sur les camps réussirent à ébranler une partie de l'opinion publique qui se rangea de son côté.

Après la lecture du rapport d'Emily, les autorités britanniques envoient une commission vérifier les dires d'Emily. Cette dernière confirme les propos d'Emily Hobhouse et demandèrent que le régime alimentaire soit amélioré et que les camps possèdent des équipements médicaux.

En octobre 1901, Emily tente de se rendre en Afrique du Sud, cependant on lui refus l'entrée dans la colonie du Cap et elle est ramenée en Angleterre, elle partira donc en France où elle écrit un livre sur son expérience sud-africaine.

Emily défendit également les gens d'origine africaine qui se sont retrouvés dans ces camps et sont morts.

« La justice ne nous demande-t-elle pas de nous rappeler aujourd'hui combien de milliers de personnes de la race foncée ont également péri dans les camps de concentration dans une querelle qui n'était pas la leur ? N'ont-ils pas ainsi racheté le passé ? N'était-ce pas un exemple de cette communauté d'intérêts, qui, en unissant tous ses membres, élimine l'animosité raciale ? Et ne se peut-il pas qu'à l'avenir, le souvenir lié à cette journée se transforme et crée de plus nobles pensées, inspirées année après année par la célébration du Vrouwen-Dag que nous inaugurons aujourd'hui ? »

Malgré la basse estime dans laquelle les Afrikaans tiennent les anglais, Emily Hobhouse possède une image extrêmement positive en Afrique du Sud. Ces cendres reposent au monument aux morts de Bloemfontein en Afrique du Sud, monument en l'honneur des Boers morts dans les camps. Les Afrikaans ont fait d'elle une citoyenne d'honneur pour son action humanitaire et une souscription populaire fut même organisé parmi les Afrikaans pour lui permettre de s'acheter une maison St Ives dans les Cornouailles. Les Afrikaans nomment dans la région de l'ancien état libre d'Orange une ville Hobhouse en son honneur.

église de la ville d'Hobhouse

Du côté de la guérilla, dès octobre 1900, les Boers attaquent la colonie du Cap pour deux raisons, en premier lieu car là, les anglais ne pouvaient appliquer leur politique de terre brûlée (c'était interdit car la colonie du Cap faisait partie des territoires de la couronne britanniques) et en deuxième lieu pour encourager les révoltes des Boers de la colonie contre le gouvernement britannique (de nombreuses régions de la colonie du Cap étaient peuplés en majorité par des Afrikaans).

Les Britanniques tentent alors de nouvelles stratégies pour briser le moral des troupes boers. Ils libèrent de nombreux camps et fontt rentrer les libérés dans deux nouveaux régiments britanniques, les Transvaal National Scouts et les Orange River Volunteers. Le frère de Christiaan de Wet combattit pour les Transvaal National Scouts.

Les lignes de barbelés furent totalement terminées le 8 février 1902, mais elles n'empêchèrent pas certains Boers de rester incapturables, comme Christiaan de Wet (qui ne sera jamais capturé de la guerre, devenant la hantise de l'armée britannique).

Koos de la Rey prend également part à la guérilla, il lutte admirablement contre les Britanniques, étant aussi vu très mal par ces derniers. Le 7 mars 1902, il capture même un général britannique, Methuen, à la bataille de Tweebosch.

Koos de la Rey en 1902

Représentation de la bataille de Tweebosch

Koos de la rey ne fut jamais capturé par les Britanniques.

La seconde guerre des Boers se termine en mai 1902 avec la reddition des dernières forces boers dans le but de négocier la paix. Koos de la Rey ayant rencontré le 11 mai 1902 le général des forces britanniques, Kitchener. Le Britannique impressionne le Boer et la question des camps — qui était un sujet qui empêchait grandement la paix — ayant été résolue, les discussions de paix purent commencer le 31 mars 1902 entre les forces boers, dont Koos de la Rey et Christiaan de Wet. Durant ces négociations, Koos de la Rey se montra extrêmement favorable à la paix (signalons qu'il était au départ défavorable à ce que la guerre commence).

Le général Kitchener

Ces négociations aboutirent à l'annexion des deux républiques boers par les Britanniques, mais permirent aux territoires des anciennes républiques boers d'avoir des gouvernements autonomes, ainsi qu'aux Boers qui n'avaient pas commis d'actes répréhensibles en dehors des traditions de guerre de pouvoir rentrer chez eux.

Tout cela fut signé dans le traité de Vereeniging. Il fut signé à Pretoria dans la maison Melrose.

La maison où fut signé le traité

Le salon où fut signé le traité

Pour briser le silence, Kitchener aurait dit « We are good friends now ».

Cette défaite va augmenter un sentiment antibritannique et le développement de mouvements identitaires afrikaans pour défendre leur culture. Les Afrikaans cherchent à reprendre le contrôle du pouvoir politique dans les différentes colonies pour la pérennité de leur culture. C'est à partir de cette période que le terme Boer commence à être délaissé au profit du terme d'Afrikaner.

Les anciennes républiques du Transvaal et de l'État libre d'Orange deviennent respectivement la colonie du Transvaal et la colonie de la rivière Orange. Ces colonies sont dirigées par le même gouverneur que celui qui s'occupe de la colonie du Cap et de celui du Natal.

Les Britanniques décident d'unir ces quatre colonies pour en faire un dominion. Un dominion est un État autonome membre de l'Empire britannique. Ce ne sont pas des États indépendants, le Royaume-Uni gardant la souveraineté sur les relations internationales, la diplomatie, la guerre, la citoyenneté, la plus haute instance judiciaire et la constitution. Cependant les dominions gèrent eux-mêmes leur économie et leur politique intérieure majoritairement, leur commerce (à quelques cas de demande du Royaume-Uni). On peut citer le Canada, l'Australie qui sont d'anciens dominions.

Cette idée va avec les volontés des Afrikaans qui souhaitent être réunis (rappelons que les Afrikaans sont séparés entre la colonie de la rivière Orange, la colonie du Transvaal et la colonie du Cap).

La loi de l'Afrique du Sud de 1909 va provoquer officiellement l'union d'Afrique du Sud.

Celle-ci est créée en partie par Louis Botha, un vétéran de la seconde guerre des Boers.

Louis Botha lors de la seconde guerre des Boers

Les trois grands hommes de l'Union d'Afrique du Sud dont Louis Botha

Première page de la loi de l'Afrique du Sud

Dans la colonie du Cap, lors du vote pour savoir si l'union était acceptée, seules deux voix furent contre. Dans le Transvaal et en Orange,les assemblées approuvèrent ce projet. Dans le Natal avec un taux d'abtention de 42%, 3/4 votèrent pour la formation de l'union.

Le 31 mars 1910, le roi Edward VII proclame la formation de l'union d'Afrique du Sud. Louis Botha devient le premier premier ministre d'Afrique du Sud.

Le premier cabinet de l'Afrique du Sud avec Louis Botha

Drapeau du Dominion d'Afrique du Sud de 1910 à 1912

Drapeau du Dominion d'Afrique du Sud de 1912 à 1928

La capitale administrative de l'union est fixée à Pretoria, le siège de la Cour suprême à Bloemfontein, le siège du parlement au Cap. Les langues officielles de l'union sont l'anglais et le néerlandais.

Les Afrikaans blancs travaillent alors donc à obtenir le pouvoir politique, étant majoritaires face aux anglophones blancs.

La vie politique, au départ tournée autour de la lutte entre les Afrikaans et les anglophones d'Afrique du Sud, va finir par devenir une lutte entre les blancs et les hommes de couleur (noirs, métis, Indiens, Malais du cap,etc...).

Le Dominion doit aussi faire face à la prolétarisation d'une bonne partie de la population afrikaans, l'organisation industrielle et le surpeuplement de certaines régions autochtones. Le gouvernement affronte également des Afrikaans hostiles aux Britanniques, des Blancs ayant peur de perdre leurs avantages. Le gouvernement de Louis Botha est aussi un gouvernement qui encourage la réconciliation entre les anglophones et les Afrikaans et leur amalgamation ensemble. En 1911, il crée même un parti pour cela, le Parti sud-africain qui regroupe des Afrikaans blancs et des anglophones. C'est un gouvernement favorable à l'échange avec les autres pays membres de l'Empire britannique.

En termes de politique indigène, le gouvernement de Botha suit la continuité des lois britanniques, mais en même temps, pour assurer du travail à la population afrikaans blanche, il mets en place des lois qui réservent certains métiers du secteur minier aux Blancs.

En 1912 se forme le Congrès national africain à Bloemfontein (appelé initialement Congrès national des natifs sud-africains avant d'être renommé Congrès national africain en 1923), appelé l'ANC (African National Congress), un parti qui souhaite défendre les intérêts des Noirs majoritaires en Afrique du Sud face à la population dirigeante blanche.

Drapeau de l'ANC

En 1913, le gouvernement de Louis Botha met en place une loi qui fait que seulement 7,8% du territoire sont des terres que les autochtones peuvent obtenir.

Une délégation de l'ANC part en 1914 en Angleterre pour mettre fin à ces lois racistes, mais ils ne sont pas écoutés.

La question linguistique des universités devient un élément principal des débats. En effet, lorsque le ministre James B. Hertzog propose d'obliger le bilinguisme de l'éducation entre l'anglais et le néerlandais sur tout le territoire, il trouve un refus de Botha, qui souhaite que les provinces aient le choix de la langue d'éducation.

James B. Hertzog

De plus, un projet gouvernemental prévoit la construction au Cap d'une université exclusivement anglophone.

Finalement, après des négociations, en contrepartie de la création de cette université du Cap, le gouvernement accepte d'ériger en université le collège de Victoria (qui donne ces cours en néerlandais) à Stellenbosch en 1916.

La politique d'amalgamation des populations afrikaans et des anglophones d'Afrique du Sud étant sujet à débat, le pasteur Daniel François Malan, très impliqué dans la préservation de la culture afrikaans, est extrêmement opposé à cette amalgamation, voulant une politique de séparer mais égaux, là où Jan smuts (qui vient d'une famille Afrikaans), un homme important du gouvernement milite pour cette amalgation.

Jan smuts

Daniel François Malan vers 1910

En 1914, James B. Hertzog, en dissidence du gouvernement, fonde le Parti national dont le programme est de mettre fin aux liens de l'Afrique du Sud avec la Couronne britannique.

Jan Smuts et Hertzog avec leurs épouses ensemble

Dès les élections de 1915, avec 27 députés, le Parti national s'impose comme le troisième parti du pays derrière le Parti sud-africain de Botha et les unionistes.

Nous nous arrêterons ici pour ce deuxième épisode en espèrant qu'il vous aura plu !

La délégation en question

Louis Botha entend également aider la communauté afrikaans blanche et promeut ces derniers dans les recrutements en entreprises, il leur apporte également de nombreux soutiens financiers. On a par exemple la création de banques comme l'Afrikaner Volkbank, des sociétés d'assurance.

La question linguistique des universités devient un élément principal des débats. En effet lorsque le ministre James B. Hertzog propose d'obliger le bilinguisme de l'éducation entre l'anglais et le néérlandais sur tout le territoire, il trouve un refus de Botha qui souhaite que les provinces aient le choix de la langue d'éducation.

James B. Hertzog

De plus un projet gouvernemental prévoit la construction au Cap d'une université exclusivement anglophone.

Finalement après des négociations, en contrepartie de la création de cette université du Cap, le gouvernement accepte d'ériger en université le collège de Victoria (qui donne ces cours en néérlandais) à Stellenbosch en 1916.

La politique d'Amalgation des populations Afrikaans et des anglophones d'Afrique du Sud étant sujet à débat, le pasteur Daniel François Malan très impliqué dans la préservation de la culture Afrikaans est extrêmement opposée à cette amalgation, voulant une politique de séparer mais égaux, là où Jan smuts (qui vient d'une famille Afrikaans), un homme important du gouvernement milite pour cette amalgation.

Jan smuts

Daniel François Malan vers 1910

En 1914, James B. Hertzog, en dissidence du gouvernement, fonde le Parti national dont le programme est de mettre fin aux liens de l'Afrique du Sud avec la Couronne britannique.

Jan Smuts et Hertzog avec leurs épouses ensemble

Dès les élections de 1915, avec 27 députés, le Parti national s'impose comme le troisième parti du pays derrière le Parti sud-africain de Botha et les unionistes.

Nous nous arrêterons ici pour ce deuxième épisode en espèrant qu'il vous aura plu !